entrepreneuriat USA France

Pourquoi les américains entreprennent-ils plus que les français ?

Quelle attitude envers l’entreprenariat en France vs. aux Etats-Unis?

Qu’est-ce qui distingue nos deux cultures dans la création de son entreprise?

Analyse d’une psychologue sociale face à la culture d’entreprendre :

Halte aux idées reçues,

Si nos voisins américains se jettent plus facilement à l’eau, c’est seulement parce qu’ils sont convaincus de pouvoir le faire avec brio !

La startup nation est en plein boom !

Elle est au cœur d’un développement économique nouveau, qui bouleverse les codes sociaux : au niveau du travail, de la culture du succès, du développement personnel et même du rapport au temps.

Et, comme toute nouveauté, elle est accueillie de manière différente selon la culture !

Pourquoi est-ce plus difficile pour les français d’entreprendre que pour les américains ?

Pourquoi cette divergence de points de vue ? Naît-on entrepreneur ?

En réalité, il s’agit avant tout d’une question de détermination et de confiance en soi. En effet, rien ne prouve qu’il est plus facile d’entreprendre aux Etats-Unis qu’en France. Cependant, la culture d’entreprendre a un impact direct sur ses capacités à oser réussir !

Dans cet article, nous analyserons au peigne fin :

  • Comment les Etats-Unis éduquent ses citoyens à l’entrepreneuriat et en quoi ils façonnent les graines du succès
  • En quoi la prise de risque (atout indéniable pour réussir) est socialement acceptée Outre-Atlantique
  • Comment l’enthousiasme d’un entrepreneur a une répercussion positive sur l’ensemble des projets qu’il crée.

Oui, vous verrez que la personnalité (façonné en majorité par l’environnement social qu’on côtoie) joue un rôle déterminant.


GRANDIR AVEC LE BON ENGRAIS (comme nos amis américains)

Si le continent Américain est propice à l’entrepreneuriat, c’est avant tout par son héritage culturel (le rêve américain se transmet de génération en génération) mais aussi et surtout par son contexte socio-éducatif !

La force des Etats-Unis est lié à son système éducatif !

Un système qui apprend à passer à l’action !

En effet, les universités proposent des masters entrepreneuriaux et des accords avec les grands groupes, qui favorisent l’esprit d’initiative.

Qui plus est, la proximité professeurs/étudiants constitue l’une des clés déterminantes dans un parcours scolaire.

Balayant toute culture de la hiérarchie, certains professeurs profitent même de leur temps libre pour s’engager, et souvent investir, dans les projets de leurs propres étudiants. Des projets auxquels ils croient et pour lesquels ils s’engagent réellement !

Du jamais vu en France.

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La proximité universités/entreprises est également le terreau de l’entreprenariat moderne

Depuis toujours, la Silicon Valley constitue le berceau de l’entrepreneuriat. La force de cette émergence de startups à succès réside dans :

  • la naissance de nombreux incubateurs et accélérateurs (qui ont pour objectif est de faire grandir les entrepreneurs et les guider vers le succès de leur entreprise).
  • la proximité géographique de ces jeunes pousses qui favorisent également la proximité intellectuelle !

Mais les Etats-Unis ne s’arrêtent pas là. Ils éduquent, dès la tendre enfance les américains à la culture d’entreprendre !

Aux Etats-Unis, toutes les mesures sont mises en œuvre pour permettre aux jeunes de se prendre au jeu de l’entreprenariat avec :

  • Des programmes extra-scolaires qui enseignent aux enfants le b.a.-ba du métier de startupper.
  • Des Summer Camps qui sont organisés sur le thème de l’entreprenariat pour les ados (comme le programme Junior Achievement), qui célèbre son centenaire en 2019. Au départ, il avait pour mission de préparer les jeunes à travailler ailleurs qu’à la ferme pendant l’ère industrielle. Et depuis, ce sont plus de 112 millions d’Américains qui ont suivi l’un de ses programmes.

Son programme phare aide les lycéens à monter leur entreprise. Ils doivent créer et exécuter un plan d’affaires qui va du choix d’un produit à la distribution des recettes.

Il existe même des initiatives de création d’entreprises pour enfants, tels que la Lemonade Day présente dans une vingtaine de villes aux Etats-Unis.

Pour s’inscrire, il suffit d’être un enfant et de monter un stand de limonade avec l’aide d’un mentor adulte. Un manuel coloré guide les enfants, dès l’âge de 4 ans, dans les étapes nécessaires pour tenir leur stand de limonade. Un modèle à faire pâlir les parents qui guident les enfants dans cette voie !

Ce modèle socio-éducatif ne semble pas transposable en France à l’identique. Pour autant, il y a bien un souffle d’énergie qui fait envie.

Que pouvons-nous en apprendre? C’est là le coeur de cet article. Quels outils peut-on emprunter à son voisin en tant que créateur d’entreprise?

Même s’il en existe, ces modèles sont encore trop rares en France.

Le système est aujourd’hui trop stratifié et les étapes, qu’elles soient administratives ou universitaires, sont davantage marquées; ce qui constitue un long chemin pour un étudiant qui souhaite entreprendre.

Pour autant, en 2019 la France n’a rien à envier aux Etats-Unis. Les écoles de commerce françaises, les incubateurs ou accélérateurs (modèles importés des USA) sont de véritables viviers d’entrepreneurs. A l’image de la Sillicon Valley, une vraie émulation et effervescence émergent de ces lieux et crée de la cohésion sociale, et un engouement tout aussi séduisant qu’Outre-Atlantique.

Startupday

PRENDRE DES RISQUES

Le goût du risque est une dimension socio-culturelle importante dans l’entreprenariat. Il s’agit d’un atout essentiel dans la personnalité de l’entrepreneur. Sur ce terrain les Etats-Unis marquent un point car leur culture du risque est beaucoup plus assumée qu’en France.

Dans l’empire du “self made man”, être entrepreneur fait un peu partie de la norme, voire, constitue un titre honorifique. On ne cesse de brosser le portrait d’entrepreneurs talentueux, au charisme fou et prêts à tout pour réussir. Il n’y a qu’à observer la Silicon Valley, véritables ruches d’entreprises Hi-Tech, pour mesurer la dimension colossale que l’entreprenariat occupe en Amérique (Facebook, Apple, Google, Cisco …). Ces firmes transnationales ont un point commun : l’importance qu’elles accordent à la culture d’entreprendre.

La culture du risque américaine n’éclipse néanmoins pas la culture française, certes plus marquée par le protectionnisme, mais davantage protectrice des entrepreneurs. L’Etat français apporte une véritable sécurité dans la décision d’entreprendre, il constitue ainsi une base solide sur laquelle l’entrepreneur peut se reposer, notamment à travers le financement qu’il peut solliciter au lancement de son projet.

LE FRANCAIS A-T-IL VRAIMENT PEUR D’OSER?

On pourrait penser que les français oseraient moins tenter l’aventure de l’entreprenariat du fait des représailles sociales ou du parcours trop atypique qui en résulterait.

Mais en réalité, cette dernière décennie, la création d’entreprises et micro-entreprises a explosé, en passant de 210.000 unités par an au début des années 2000 à 780.000 fin 2019 (source: Insee, Sirene, Répertoire des entreprises et des établissements.). Une croissance qui augmente de plus de 15% chaque année.

L’idée que la création d’entreprise ne soit pas dans « l’ADN française » est donc un leurre au vu des derniers chiffres de l’Insee qui font état d’un total de 4 495 383 entreprises en France en 2019.

Les initiatives entrepreneuriales ont été dynamisées par de nombreuses mesures mises en place par le gouvernement depuis 2009. La création d’entreprises est davantage facilitée et n’est désormais plus seulement réservée aux plus fortunés.

L’entreprenariat se démocratise avec derrière la volonté de lutter contre les crises économiques, le chômage et la faiblesse des salaires mais aussi le besoin d’indépendance de nombreux français.

Le fait que les français créent « pour sortir du chômage » est également une idée reçue. Les deux raisons majeures à la création étant d’une part le désir personnel d’éviter un emploi de salarié, et d’autre part l’opportunité – percevoir de bonnes occasions pour développer une activité et accroître son revenu. Le français créant surtout par opportunité et non pour fuir le chômage

oser le freelance

LA POSITIVE ATTITUDE

Tout le monde à déjà entendu ces phrases prononcées par un collègue défaitiste ou un oncle très conservateur pendant le repas du dimanche : « Créer une entreprise c’est une vraie galère », « En France, il y a tellement d’impôts à payer que personne ne peux s’en sortir », « Il vaut mieux choisir la sécurité du salariat par les temps qui courent »…

Malgré l’assurance avec laquelle ces “vérités” sont déclamées, il est quand même grand temps de tordre le cou à ces clichés vieillissants.

Il s’agit avant tout d’une approche, d’une attitude, bien différente de celle des français, qu’ont les américains dans leur perception mais aussi dans leur vocabulaire pour parler de l’entreprise.  Très expansifs, ils n’hésitent pas à motiver leurs troupes avec emphase :

« Awesome », « Amazing », « Unbelievable », « Fantastic Job»,… pour des faits qui pourraient paraître banals ou même prêter à sourire en France. Mais la positivité qui en découle est beaucoup plus impactante qu’il n’y paraît dans les résultats d’une entreprise. Tout comme le bonheur, c’est contagieux alors soyez enthousiaste et évitez le pessimisme, le défaitisme et le cynisme!

La valorisation est profondément ancrée dans la culture d’entreprise américaine. Alors oui, certains leur reprochent d’être superficiels, mais reconnaissez tout de même que c’est assez agréable et plutôt stimulant d’évoluer dans un cadre positif et élogieux de temps à autres !

La culture canadienne est très proche de l’américaine. Ainsi Paul Napolitano, canadien résidant à Montréal, observe en comparant les médias français et canadiens qu’«en France, on se focalise plus sur le négatif (problèmes, erreurs) que sur le positif (réussites, avancées)». Cette façon de voir positivement les choses se traduit par des termes qui pourraient créer des sur-attentes en France.

Il y a quelques années, Grégory, entrepreneur français, est venu chercher aux Etats-Unis un boost d’énergie nullement financier – le coût de la santé, de la scolarisation sont par exemple très chers – mais culturel. Il a estimé qu’en dépit du nombre de créations d’entreprises qui progresse en France, il restait encore beaucoup à faire pour faire évoluer les mentalités et éviter un exil des talents en favorisant au contraire des réalisations qui bénéficient aux deux pays. Les entrepreneurs peuvent avoir des hauts et des bas mais il est nécessaire de toujours trouver des organismes & personnes pour stimuler et pousser à faire davantage.

La vraie différence réside donc dans un enthousiasme culturel, dans cet indéfinissable et – à priori, inquantifiable énergie qui semble venir de l’individu et ne saurait être incitée uniquement par un gouvernement.

Pour le Centre d’analyse stratégique, «le renforcement du désir d’entreprendre en France passe par un suivi et ainsi une sécurisation accrue du parcours des entrepreneurs».

L’un des objectifs phares de Digi Atlas se trouve précisément dans un encouragement au quotidien parallèle à l’enseignement théorique et méthodologique, un suivi positif et optimiste qui a pour objectif de se révèler contagieux.

QUAND START-UP RIME AVEC DETERMINATION

Aucune entreprise n’a été créée en un claquement de doigts ni en un clic. Ni aux Etats-Unis, ni en France, (ni sur Mars) 🙃 !

Le chemin de la réussite est souvent long, parfois trop long. Il y a cependant une certitude dans ce processus : seuls ceux qui persévèrent ont la chance de réussir.

En simplifiant, on pourrait considérer deux aptitudes majeures dans la définition d’un « bon entrepreneur » : ses compétences et sa détermination. Généralement, c’est cette dernière, plus aléatoire et dépendante de l’environnement socio-culturel, qui est moins facile à gérer.

Après la prise de risque et l’adoption d’une attitude positive, il est nécessaire d’avoir une détermination sans faille et durable.

Etre déterminé dans ses projets demande de savoir où on veut aller, comment y aller, et mettre toutes nos compétences en application. Le tout sans se trouver d’excuse pour ne pas avancer.

Pour cela, il ne faut jamais négliger l’accompagnement. Nous avons tout autour de nous des personnes qui ont des conseils à nous offrir et des structures offrant des formations afin de ne pas réitérer le chemin depuis le départ à chaque fois.

C’est pour toutes ces raisons qu’existe aujourd’hui Digi-Atlas. Pour proposer des clés, offrir des solutions accessibles en France afin que les entrepreneurs bénéficient de ce soutien si précieux dans la création et le suivi de leur projet.

Determination

Si vous cherchez un élan de motivation pour créer ou prospérer dans votre entreprise, prenez donc ces notes.

  • UNE FORMATION ADAPTEE
  • OSER LA PRISE DE RISQUE
  • TRAVAILLER SON OPTIMISME
  • LE TOUT AVEC UNE DETERMINATION CONSTANTE

Et vu que nous sommes avant tout des êtres sociaux, l’entrepreneur en germe ne doit pas se limiter à sa propre vision du projet. Nous devons nous aider des autres, échanger, voyager, se confronter à d’autres cultures et d’autres façons de faire pour se constituer une personnalité flexible. Celle-ci sera la clé d’une future réussite et de l’adaptation à l’écosystème dans lequel nous évoluons, quel qu’il soit.

Gaëlle Cervantes

Psychologue Sociale