Entreprendre par temps de Covid : l’heure du bilan

2020 : millésime record pour la création d’entreprises

2020. L’année Covid, certes, mais également l’année de l’entrepreneuriat pour la France. Oui oui, vous avez bien lu, une année de création même, avec 850 000 nouvelles entreprises qui ont vu le jour. C’est 35 000 de plus qu’en 2019. Un bien beau record, étonnant, pour une période où l’activité économique a chuté de près de 10%.

Et ce chiffre incroyable, on le doit majoritairement à la création de micro-entreprises, en hausse dernièrement. Mais aussi à un confinement qui en a fait réfléchir plus d’un.e, sur leur travail, sur leurs envies, sur leur indépendance. Selon une étude menée fin 2020 par la plateforme MaFormation auprès de 1185 personnes souhaitant se réorienter professionnellement, 49 % des personnes sondées annonçaient que le premier confinement avait « plutôt » ou « tout à fait » eu un impact sur leur envie de reconversion. Alors que de multiples entreprises envisagent et mettent à regret en place des plans sociaux, certain.e.s salarié.e.s anticipent et en profitent pour s’envoler, en départ volontaire, vers une nouvelle aventure, entrepreneuriale cette fois.

Et cela se ressent sur le marché de la reprise d’entreprises, avec l’arrivée de cadres nouvellement indépendant.e.s qui débarquent en « primo-accédants », projets bien construits et financements dans les valises. Un nouveau public qui signe une augmentation de l’apport personnel de plus de 6% par rapport à 2019.

Dans ce monde de transactions, le marché compte toujours plus de demandes que d’offres.
+ 10% pour le nombre d’acquéreurs, et – 27% pour celui des cédants, annonce le réseau Michel Simond, spécialiste des transactions de commerces et de TPE-PME. ”L
es petits patrons des secteurs sinistrés ne veulent plus vendre, ils sont tétanisés et cherchent avant tout à survivre », diagnostique Alain Pomey, le délégué de l’association Cédants et Repreneurs d’Affaires (CRA) en Ile-de-France.

Cela se comprend. “Le Covid-19 a secoué le tissu économique français.” estime Sylvain Broyer, chef économiste de l’agence de notation S & P Global ratings. Mais rien d’alarmant, bien au contraire. “La création de nouvelles richesses est en cours puisque le tissu productif français se renouvelle à un rythme sans précédent”.

Car la France entreprend, par tous les temps. En 2020, c’est +6% enregistrés pour le nombre d’entreprises individuelles, par rapport à 2019.
Fin 2019, l’Acoss (Agence centrale des organismes de Sécurité sociale) comptait 1,7 million d’autoentrepreneur.e.s dans l’Hexagone, sur 3,6 millions d’indépendant.e.s. Oui, presque la moitié ! Alors que des indépendant.e.s, il n’y en avait “que” 2,6 millions il y a 10 ans. Une progression qui n’est pas le fruit du hasard, mais bien celui d’une volonté de changer de modèle professionnel croissante, et celui de la création du statut d’autoentrepreneur, en 2009 justement.

La France veut entreprendre

1 Français.e sur 5 déclare avoir envie de créer son entreprise ou d’en reprendre une en 2021. L’envie de découvrir quelque chose de nouveau, de penser et mener un projet par soi-même, d’équilibrer sa vie entre travail et maison, de quitter un salariat qui n’est plus si sécurisant, les explications sont multiples.
L’entrepreneuriat résulte, aujourd’hui plus que jamais, d’une quête de sens, de questionnements et d’envies de reconversion professionnelle post-confinement.

De plus en plus de jeunes diplômés y voient aussi une manière concrète d’investir rapidement le marché du travail. Une porte d’entrée à créer de ses mains pour commencer à travailler, en sollicitant un réseau pré-existant et en apprenant plus vite, auprès de divers publics et secteurs.

Résultat des courses : l’âge moyen des entrepreneurs est passé en dessous de la barre des 40 ans.

Les choses bougent côté entrepreneuriat De nouvelles motivations et formes de travail

Une pandémie mondiale, cela questionne et ramène de nombreux sujets sur la table, aux côtés de la santé collective. Parmi ces derniers, le mode de fonctionnement des entreprises.
Alors que nombre d’entres elles ont dû se digitaliser pour survivre dans une période creuse, que les séances Zoom et Google Meets se sont enchaînées pour lier des équipes morcelées par le télétravail, les entrepreneur.e.s de demain incluent automatiquement le numérique dans leurs projets à venir.

Selon Olivier de la Chevasnerie, président de Réseau Entreprendre, “les entrepreneurs du Covid pensent davantage impact positif et télétravail, digital et responsabilité environnementale.”
Une forme de travail qui répond davantage à une vision hybride de l’entreprise : entre présentiel et distanciel, lui-même encouragé par l’État actuellement pour éviter la multiplication des contacts, entre sphères professionnelle et personnelle.

Un gouvernement qui investit davantage le sujet de l’entrepreneuriat

L’indépendance peut cacher bien des surprises, en temps de crise, lorsqu’elle n’est pas assez accompagnée. Activité au point mort ou qui avance à tâtons, absence de revenus, trésorerie difficilement renouvelée, qui s’amenuise au fil des prélèvements de charges, les histoires de “clé sous la porte” menaçaient de se multiplier. Alors, pour aider une population grandissante et en posture inconfortable, l’État a mis en place des aides pour renforcer la protection de ces entrepreneur.e.s, à court et à moyen terme.

Suspensions de prélèvements, fonds de solidarité étatique, les entrepreneur.e.s ont également pu accéder à des aides de la part de la CPSTI (Caisse de protection sociale des travailleurs indépendants). En début comme en fin d’année 2020, deux aides sont proposées, et se comptent en dizaines de millions d’euros, destinées aux personnes non éligibles aux fonds de l’État.

Côté artisanat et commerces, c’est un budget d’1 milliard d’euros qui est débloqué pour accompagner quelques 1,2 million d’indépendant.e.s.

Une prise en charge illustrant un premier pas vers ce qui est désormais une proportion importante de la population active, fragilisée par la crise, sur laquelle “il va pourtant falloir compter de plus en plus (…) dans les années à venir” selon Yann-Gaël Amghar, directeur général de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss). Un défi d’accompagnement à relever et à poursuivre dans le temps pour le gouvernement, afin d’éviter de nouvelles chutes.

Indépendance ne veut plus dire perte de sécurité

Lorsqu’elles quittent le salariat, bien des personnes pensent faire une croix sur leur protection sociale, leur équilibre financier, leur accès facilité aux prêts, à la location, etc. Mais c’était sans compter sur la création de syndicat d’indépendant.e.s qui entendent bien faire entendre leurs voix.

À l’instar d’independants.co, qui a pour objectif d’inviter à repenser un système qui ne prend pas assez en compte les besoins d’un pan croissant de la société active, et lui nie encore des droits essentiels. Une absence qui précarise de nombreuses personnes, et n’encourage guère les nouvelles générations à envisager l’entrepreneuriat comme un choix de carrière sécurisant.

Alors que la crise a accéléré la création d’entreprises, et notamment de micro-entreprises, l’enjeu se trouve une nouvelle fois dans l’accompagnement global de ces acteur.rice.s économiques indépendant.e.s. Dans la mise en place d’aides, de cadres, de formations, pour que chaque projet soit mené avec envie et confiance.

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